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Prêt relais achat revente : comprenez le fonctionnement, le calcul du montant, l’impact du HCSF, les coûts réels et les stratégies pour sécuriser votre passage d’un appartement à une maison.
Prêt relais achat-revente : financer le passage d'un appartement à une maison sans avance de trésorerie

Prêt relais achat revente : le scénario type de la famille qui s’agrandit

Vous êtes nombreux à envisager un prêt relais achat revente pour passer d’un appartement trop serré à une maison avec jardin. Dans ce scénario classique, le couple de 30 à 45 ans cumule un ancien crédit immobilier sur le T3 et doit structurer un nouveau financement pour acheter la maison sans faire exploser son taux d’endettement ni ses mensualités. L’enjeu réel n’est pas seulement le prêt relais en lui-même, mais l’équilibre global entre prix de vente de l’ancien logement, coût du nouveau projet immobilier et capacité à rembourser sans stress.

Un prêt relais est un crédit immobilier à court terme, souvent de 12 à 24 mois, qui avance une partie du capital attendu lors de la revente du bien actuel ; le capital est remboursé in fine, au moment de la vente, tandis que les intérêts sont payés chaque mois comme une mensualité classique. Dans un montage de prêt relais achat revente, la banque calcule d’abord la valeur de votre appartement ancien, applique une quotité de 50 à 80 %, puis ajoute un crédit immobilier complémentaire pour financer l’achat de la maison, ce qui crée un double endettement temporaire. Ce crédit relais coûte en général entre 0,30 et 0,50 point de taux d’intérêt de plus qu’un prêt immobilier amortissable classique, ce qui renchérit le coût total du financement si la vente tarde.

Depuis les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) de décembre 2020, rendues contraignantes par l’arrêté du 29 septembre 2021 publié au Journal officiel, l’ensemble des crédits, y compris le relais prêt et l’ancien crédit, doit rester sous un taux d’endettement de 35 %, ce qui limite la marge de manœuvre des familles. Quand le capital restant dû sur l’ancien crédit immobilier est encore élevé, un prêt achat revente global peut être plus adapté qu’un simple prêt relais sec, car il regroupe en un seul crédit achat la reprise de l’ancien prêt, le nouveau financement et l’avance liée à la revente. Dans tous les cas, le bon réflexe consiste à faire chiffrer plusieurs montages de financement immobilier par au moins deux banques et un courtier, en comparant non seulement le taux d’intérêt, mais aussi le montant du capital restant et la durée totale de remboursement.

Comment la banque calcule le montant du prêt relais et le delta de prix

La clé d’un prêt relais achat revente réussi, c’est le delta entre le prix de la maison visée et le prix de vente réaliste de l’appartement ancien. Les banques françaises comme BNP Paribas, Société Générale ou Crédit Agricole retiennent rarement plus de 70 à 80 % du prix de vente estimé, afin de se protéger contre une revente immobilière plus basse que prévu. Dans un marché immobilier hésitant, elles peuvent même descendre à 60 %, ce qui réduit le montant du prêt relais et augmente le besoin de crédit immobilier complémentaire.

Imaginons un appartement ancien estimé à 250 000 €, avec un capital restant dû de 150 000 € sur l’ancien crédit ; la banque peut proposer un montant de prêt relais de 70 % de la valeur, soit 175 000 €, qui servira à rembourser l’ancien prêt et à financer l’achat de la maison. Si la maison coûte 380 000 €, le projet immobilier global nécessite donc 380 000 € de financement, dont 175 000 € de crédit relais et 205 000 € de nouveau prêt immobilier amortissable, ce qui génère des mensualités supplémentaires à intégrer dans le taux d’endettement. Le couple doit aussi prévoir un apport personnel pour les frais de notaire et de garantie, car le prêt relais ne couvre pas toujours ces coûts annexes.

Le choix entre un prêt relais sec et un prêt relais adossé dépend directement de ce delta de prix et du capital restant dû sur l’ancien crédit immobilier. Quand le prix de la maison est proche du prix de vente de l’appartement, un relais sec avec un petit crédit complémentaire peut suffire, mais si l’écart est important, la banque privilégiera un montage plus structuré. Pour les profils plus âgés ou avec un horizon de remboursement plus court, les règles de prudence sont encore renforcées, comme l’illustrent les politiques de risque publiées par les grands réseaux bancaires sur leurs offres de prêt relais pour emprunteurs seniors.

Double endettement, HCSF et choix entre prêt relais et prêt achat revente

Le point que les banques regardent en premier dans un prêt relais achat revente, c’est le double endettement temporaire créé par le relais et le nouveau crédit immobilier. Le HCSF impose que la somme des mensualités de l’ancien crédit, du crédit relais et du nouveau prêt achat reste sous 35 % des revenus nets, ce qui bloque de nombreux projets de changement de logement pour les familles déjà fortement engagées. Quand ce plafond est dépassé, le banquier n’a quasiment aucune marge, sauf à réduire le montant du prêt ou à allonger la durée du crédit immobilier complémentaire.

Le prêt achat revente, parfois appelé crédit achat revente, contourne partiellement ce problème en fusionnant l’ancien crédit, le relais prêt et le nouveau financement en un seul crédit immobilier global, avec une seule mensualité lissée sur la durée. Dans ce montage, la banque calcule un montant de prêt unique qui intègre le capital restant dû sur l’ancien prêt, le prix de la nouvelle maison et l’apport personnel, puis elle prévoit un remboursement anticipé partiel automatique lors de la vente de l’appartement. Les intérêts sont alors calculés sur un capital plus élevé au départ, mais la mensualité reste stable, ce qui facilite le respect du taux d’endettement réglementaire.

Ce type de financement achat revente devient particulièrement intéressant quand l’ancien crédit immobilier est encore lourd, par exemple avec plus de 60 % du capital restant à rembourser. Dans ce cas, multiplier les crédits relais et les prêts amortissables crée un empilement de mensualités difficilement soutenable, alors qu’un seul crédit achat revente lisse l’effort financier dans le temps. Pour les investisseurs qui envisagent en parallèle un projet locatif, il est utile de se pencher sur les montages détaillés dans les guides spécialisés sur la réussite d’un projet locatif avec un prêt relais, car les règles de calcul du taux d’endettement y sont encore plus techniques.

Coût réel du prêt relais : taux, intérêts et risques de dérapage

Un prêt relais achat revente n’est pas seulement une question de taux affiché, c’est d’abord un coût d’immobilisation de capital sur 12 à 24 mois. Les banques françaises positionnent souvent le taux d’intérêt du crédit relais entre 0,30 et 0,50 point au-dessus du taux d’un prêt immobilier classique, ce qui peut sembler modeste mais pèse lourd si la vente du logement ancien prend du retard. Sur un montant de prêt relais de 200 000 €, chaque dixième de point de taux représente plusieurs centaines d’euros d’intérêts sur la durée totale du financement.

Dans la pratique, les intérêts du prêt relais sont payés chaque mois sous forme de mensualité d’intérêts uniquement, tandis que le capital est remboursé en une fois lors de la vente du bien, ce qui en fait un crédit in fine. Si la revente immobilière se fait au prix prévu et dans les délais, le coût reste maîtrisé, mais si le prix de vente doit être baissé de 10 % ou si la transaction glisse de six mois, le capital restant à rembourser peut dépasser le produit de la vente. C’est là que les familles se retrouvent piégées, contraintes de prolonger le financement ou de mobiliser un apport personnel imprévu pour rembourser le prêt relais.

Les risques de dérapage sont plus élevés quand le marché immobilier se retourne, que les délais de vente s’allongent et que les acheteurs négocient fortement le prix. Dans ce contexte, la prudence impose de ne pas surestimer la valeur de l’appartement ancien, de limiter le montant du prêt relais à 60 ou 70 % et de garder une réserve de trésorerie pour absorber un éventuel remboursement anticipé partiel. Comme le rappellent les fiches pédagogiques publiées par plusieurs banques de détail, le prêt relais offre une flexibilité précieuse lors d’une transition immobilière, à condition d’en mesurer précisément le coût.

Frais de garantie, notaire et piège du double paiement

Au-delà du taux d’intérêt, un prêt relais achat revente entraîne des frais de garantie souvent sous-estimés par les emprunteurs. Quand vous financez l’achat d’une maison tout en conservant un appartement ancien, vous risquez de payer deux fois des garanties, par exemple une hypothèque sur le nouveau bien et une caution sur l’ancien crédit immobilier. Ce double coût peut représenter plusieurs milliers d’euros, qui viennent s’ajouter au montant du prêt et grignoter votre apport personnel.

La stratégie la plus efficace consiste à négocier avec la banque pour réutiliser, quand c’est possible, une garantie existante ou pour limiter la nouvelle garantie au strict nécessaire, surtout si le capital restant dû sur l’ancien prêt est faible. Dans certains montages de crédit achat revente, l’établissement regroupe l’ancien crédit, le relais prêt et le nouveau financement dans un seul prêt immobilier, ce qui permet de n’avoir qu’une seule garantie et de réduire les frais de notaire sur les sûretés. Il faut alors comparer très précisément le coût total du financement, en intégrant les frais de dossier, les frais de garantie et le coût d’un éventuel remboursement anticipé si vous décidez de rembourser plus vite.

Les familles qui passent d’un T3 à une maison avec jardin doivent aussi anticiper les travaux, l’aménagement et les taxes locales, qui ne sont pas couverts par le prêt relais lui-même. Une partie de ces dépenses peut être intégrée dans le projet immobilier global et financée par le crédit immobilier complémentaire, mais cela augmente la mensualité et le taux d’endettement. Pour éviter les mauvaises surprises, prenez le temps de lister tous les coûts annexes et de vérifier comment ils sont financés, en gardant à l’esprit que ce qui compte n’est pas le taux affiché, mais le coût total d’immobilisation.

Cas d’utilisation typiques : quand le prêt relais achat revente fonctionne vraiment

Le prêt relais achat revente fonctionne particulièrement bien quand le couple possède un appartement ancien peu endetté et un projet immobilier de maison dont le prix reste raisonnable par rapport aux revenus. Dans ce cas, le montant du prêt relais couvre largement le capital restant dû sur l’ancien crédit immobilier, et il reste même une partie du capital pour financer l’achat de la maison, ce qui limite le nouveau crédit amortissable. Les mensualités d’intérêts du relais restent alors supportables, et la vente du logement intervient souvent dans les délais prévus.

Autre cas typique, la famille qui a déjà constitué un apport personnel significatif, par exemple 15 à 20 % du prix de la maison, et qui utilise le prêt relais uniquement comme un pont de trésorerie entre la vente et l’achat. Ici, le crédit relais sert surtout à financer l’achat sans attendre l’encaissement du prix de vente, et le risque de devoir rembourser le prêt relais avec un capital restant important est plus faible. Le montage est d’autant plus solide que le prix de vente de l’appartement est réaliste, validé par plusieurs agences immobilières et cohérent avec les transactions récentes du quartier.

Enfin, le prêt relais peut être pertinent pour des projets plus complexes, comme l’achat d’un terrain avec construction d’une maison neuve, à condition de bien maîtriser le calendrier des appels de fonds et les autorisations administratives. Dans ce type de projet, il est utile de se renseigner sur les obligations liées au panneau de permis de construire et aux délais de recours, par exemple via un guide pratique sur l’affichage du permis de construire. Là encore, le prêt relais n’est qu’un outil de financement parmi d’autres, qui doit s’intégrer dans une vision globale du projet immobilier et de la capacité à rembourser sur la durée.

Stratégies pour sécuriser son prêt relais achat revente et négocier avec la banque

Pour une famille qui passe d’un T3 à une maison avec jardin, la première stratégie consiste à sécuriser le prix de vente de l’appartement avant même de signer le compromis d’achat de la maison. Mandat simple auprès de deux agences, estimation prudente, acceptation d’une légère décote par rapport aux annonces, tout cela réduit le risque de devoir rembourser un prêt relais sur un capital restant supérieur au produit de la vente. Mieux vaut un prix de vente un peu plus bas mais rapide, qu’un montant théorique élevé qui ne se concrétise pas.

Face à la banque, il faut arriver avec un dossier chiffré, en montrant que le montant du prêt relais demandé reste inférieur à 70 % du prix de vente estimé et que le taux d’endettement, relais compris, reste sous les 35 %. Négociez non seulement le taux d’intérêt du crédit relais, mais aussi les frais de dossier, les conditions de remboursement anticipé et la possibilité de transformer le prêt relais en prêt amortissable si la vente tarde. Certaines banques acceptent par exemple de lisser la mensualité du nouveau crédit immobilier pendant la durée du relais, puis de la rehausser une fois le capital du relais remboursé.

Enfin, ne signez jamais un prêt relais achat revente sans avoir comparé au moins une offre de prêt achat revente global, surtout si votre ancien crédit immobilier est encore lourd. Dans certains cas, un seul crédit immobilier regroupant ancien prêt, nouveau financement et avance sur revente offre un meilleur équilibre entre mensualité, durée et flexibilité de remboursement. Votre objectif n’est pas de maximiser le montant du prêt, mais de garder la main sur votre budget familial pendant toute la transition de logement.

Chiffres clés du prêt relais achat revente

  • La durée maximale d’un prêt relais immobilier en France est généralement de 24 mois, avec une première période de 12 mois renouvelable une fois, ce qui impose de viser une vente du bien ancien bien avant l’échéance finale.
  • Les banques avancent en pratique entre 50 et 80 % de la valeur du bien à vendre, la quotité de 70 % étant fréquente pour un appartement ancien en zone tendue, afin de se protéger contre une baisse de prix de vente.
  • Le taux d’intérêt d’un crédit relais est en moyenne de 0,30 à 0,50 point plus élevé que celui d’un prêt immobilier amortissable classique, ce qui renchérit le coût des intérêts sur le capital immobilisé pendant la durée du relais.
  • Le HCSF limite le taux d’endettement global des ménages à 35 %, en incluant l’ancien crédit immobilier, le prêt relais et le nouveau crédit, ce qui bloque une partie des projets d’achat revente pour les foyers déjà fortement endettés.
  • Sur un prêt relais de 200 000 € à un taux d’intérêt supérieur de 0,50 point, le surcoût d’intérêts peut atteindre plusieurs centaines d’euros sur 12 mois, ce qui justifie de négocier chaque dixième de point avec la banque.

FAQ sur le prêt relais achat revente pour passer d’un appartement à une maison

Comment fonctionne un prêt relais pour acheter une maison avant de vendre son appartement ?

Le prêt relais est un crédit immobilier à court terme qui vous avance une partie du prix de vente attendu de votre appartement, généralement entre 50 et 80 %, pour financer l’achat de la maison. Vous payez chaque mois uniquement les intérêts, et le capital est remboursé en une fois lors de la vente du logement ancien. Ce montage permet de financer l’achat sans avance de trésorerie, mais il suppose que la revente immobilière se réalise dans les délais et au prix prévu.

Quelle différence entre un prêt relais classique et un prêt achat revente global ?

Un prêt relais classique se cumule avec l’ancien crédit immobilier et un nouveau prêt pour la maison, ce qui crée plusieurs mensualités et un double endettement temporaire. Le prêt achat revente global, lui, regroupe dans un seul crédit le capital restant dû de l’ancien prêt, le financement de la nouvelle maison et l’avance liée à la revente, avec une seule mensualité lissée. Ce montage est souvent plus adapté quand l’ancien crédit est encore important et que le taux d’endettement est proche de 35 %.

Quel montant de prêt relais puis-je espérer sur mon appartement ?

La banque calcule le montant du prêt relais à partir de la valeur estimée de votre appartement, en appliquant une quotité de 50 à 80 % selon le marché et votre profil. Si votre logement est estimé à 300 000 €, vous pouvez généralement obtenir entre 150 000 et 240 000 € de crédit relais, dont une partie servira à rembourser le capital restant dû sur l’ancien crédit immobilier. Plus l’estimation est prudente et validée par plusieurs agences, plus le montage est sécurisé pour votre projet immobilier.

Que se passe-t-il si je ne vends pas mon appartement dans les délais du prêt relais ?

Si la vente n’est pas réalisée avant l’échéance du prêt relais, la banque peut exiger le remboursement du capital, proposer une prolongation exceptionnelle ou transformer le relais en prêt amortissable, souvent à un taux moins favorable. Dans tous les cas, vous vous retrouvez avec un capital restant à rembourser plus élevé que prévu, ce qui peut dégrader fortement votre taux d’endettement. Pour éviter cette situation, il est prudent de limiter le montant du prêt relais, de fixer un prix de vente réaliste et de garder une marge de trésorerie.

Comment limiter le coût total d’un prêt relais achat revente ?

Pour réduire le coût global, il faut d’abord négocier le taux d’intérêt du crédit relais et du nouveau prêt immobilier, mais aussi les frais de dossier et de garantie. Ensuite, visez une durée de relais la plus courte possible en préparant la vente de l’appartement en amont, afin de rembourser rapidement le capital et de limiter les intérêts. Enfin, comparez systématiquement un montage avec prêt relais et un montage avec prêt achat revente global, en regardant le coût total sur la durée et pas seulement la mensualité de départ.

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